“Neues vom Klassikmarkt”,
Sendung vom 15.3.2008
Un must pour les sybarites, les gourmets
et les gourmands qui n’ont pas honte de
leur vice...” (Classica, 2008)
Sigfrid Karg-Elert Edition, Vol. 4
Elke Völker spielt an der Stahlhut/Jann- Orgel der Eglise St. Martin, Dudelange.
Inhalt:
Kaleidoscope [op.144]
Seven Pastels from the Lake of Constance, op.96
The soul of the lake (from "Seven Pastels") [Nr.1]
Landscape in mist (from "Seven Pastels") [Nr. 2]
The legend of the mountain (from "Seven Pastels") [Nr. 3]
The reed-grown waters (from "Seven Pastels") [Nr. 4]
The sun's evensong (from "Seven Pastels") [Nr. 5]
The mirrored moon (from "Seven Pastels") [Nr. 6]
Hymn to the stars (from "Seven Pastels") [Nr. 7]
Rondo alla campanella [op.156]
Homage to Handel g-moll [op.75]
Gesamtspielzeit: 1:9 (h:m)
Booklet: 28p., deutsch, englisch, francais; Hybrid-SuperAudio-CD. Abspielbar in allen CD-
Spielern. SACD Stereo, SACD Multichannel Surround, CD Audio.
Bestell-Nr. AE 1051; EAN 4026798105112; Produktkategorie: SACD
Veröffentlichungsdatum: 01.04.2008
Einführung:
Volume 4 der Sigfrid Karg-Elert Edition enthält eine beeindruckende Zusammenstellung
größerer weltlicher Orgelwerke: Kaleidoscope, Seven Pastels from the Lake Constance,
Rondo und Homage to Handel.
Wie schon auf Volume 3 dieser Edition (AE-10431), ist die Georg Stahlhuth Orgel (1912),
restauriert von Thomas Jann 2002, ein ideales Instrument für das Klanguniversum Karg-
Elerts - und Elke Völker ist hier absolut in ihrem Element. Sie fand unglaublich schöne
Registrierungen (die selbstverständlich auf Karg-Elerts Vorgaben beruhen), besonders in
den Sieben Bodensee-Pastellen.
Kaleidoscope op.144 ist ein sehr selten zu hörendes Werk und kann, aufgrund zahlreicher
formaler und klangsprachlicher Parallelen, als Bruder der großen fis-Moll-Symphonie
op.143 (auf Vol.1 zu hören, AE-10121) angesehen werden. Die Sieben Bodenseepastelle
stoßen an die Verwirklichungsgrenzen des Instruments Orgel. Dieses einzige
großangelegte impressionistische Werk des Komponisten erweitert auch mit Hilfe seiner
äußerst detaillierten Registrierungsanweisungen das expressive Spektrum der Orgel bis an
deren Grenzen.
Das Rondo ist ein fulminantes Allegrissimo mit durchlaufender 16-tel Bewegung, gleich
einer Art französischer Toccata im 3/8-Takt über 169 Takte.
Homage to Handel ist eine Folge von 54 Variationen über ein ostinates Bassthema von
Händel. Es ermöglicht eine Darstellung aller erdenklicher Registrierungen auf der
wunderbaren Georg Stahlhuth-Orgel.
Es ist dies das erste Mal, daß wir die Stahlhuth-Orgel in Surround-Sound aufgenommen
haben und unseres Wissens die erste SACD überhaupt, die von diesem Instrument
erschienen ist. Sie kommt im eleganten Digipack daher, ausgestattet mit einem 28-seitigen
Booklet.
Rezension:
Classica September 2008
Michel Fleury
" Elke Völker prend un visible plaisir aux frissons sensuels qui agitent la partition,
et elle sait nous les communiquer avec naturel et talent. "
Les Sept Pastels sont à la fois un sommet de l’impressionnisme musical et l’une des
œuvres les plus ambitieuses jamais écrites pour l’orgue : la richesse de la registration, la
somptuosité d’harmonies richement chromatiques, l’entrelacs d’arabesques décoratives
brodent une tapisserie si opulente, exacte contrepartie sonore de L’Art Nouveau cher aux
tenants de la sécession viennoise, qu’elle réclame l’orchestre pour lui rendre pleine justice.
Esprit du lac, Halo lunaire, Légende de la montagne, Chant du soleil au crépuscule, etc. :
autant d’improvisations largement développées au spectacle des splendeurs de la Nature,
avec une large adjonction de mysticisme visionnaire qui fait de Karg-Elert l’indiscutable «
frère en arts » de Delius – une proximité encore renforcée par la suavité et la complexité
d’harmonies se réfractant en un arc-en-ciel de nuances subtiles fondant sans effort chaque
accord dans le suivant. Ces similitudes attestent de la popularité de Delius, lui-même
d’origine allemande, en Allemagne avant 1914. Les Eaux couvertes de roseaux, véritable
cœur expressif du recueil, font ainsi écho à Summer Night on the River, et l’on y perçoit
l’appel d’oiseaux tristes plus deliens que nature... La rhétorique reprend ses droits avec le
finale (Hymne aux Étoiles) dont le choral monte au firmament avec une ferveur toute
franckiste.
Elke Völker, à l’opposé de la vision trop classique et curieusement terne de Hans Fagius
chez Bis, prend un visible plaisir aux frissons sensuels qui agitent la partition, et elle sait
nous les communiquer avec naturel et talent. Elle est secondée par la ronde opulence d’un
orgue récemment restauré dans sa munificence originelle « Art nouveau », et par une prise
autrement moins maigre que celle de l’éditeur suédois. Il est essentiel de prendre son
temps dans cette musique de sybarite, afin de savourer en gourmet les délices sonores
concoctés par l’un des plus excentriques musiciens de tous les temps. En cela, elle
approche de la version de référence (hélas indisponible en CD), celle du docteur Josef
Bücher aux orgues de la cathédrale de Lucerne (Psallitte, circa 1975), d’une splendeur
insurpassée à ce jour. Ses qualités font merveille dans le Kaléidoscope op. 144, sonate
pointilliste aux couleurs modales chatoyantes, et dans les extraordinaires variations sur
une basse obstinée (et fameuse) de Georg Friedrich Haendel, dans lesquelles le
compositeur souabe se pose en digne héritier (par Max Reger interposé) de la plus
somptueuse tradition polyphonique du Cantor de Leizig. Ici, Michael Austin (Chandos) ou
le docteur Stockmeier (CPO) restent cependant des références absolues.
Un must pour les sybarites, les gourmets et les gourmands qui n’ont pas honte de leur
vice...
Enregistrement fidèle, précis et rendant compte des splendeurs d'un orgue post-
romantique restauré en 2002.
Analyse des oeuvres pénétrante et érudite.
Note: 8 de Classica